Samedi, jour des magazines. Jour de départ en train ou de flânerie, où l’on a envie de voir du paysage et de faire le point (final) sur la semaine. Alors on magazine.
Chez moi j’en ai toute une pile, voire quelques étagères. Les mêmes souvent, ceux pour lesquels j’ai travaillé bien sûr et ceux que j’aime acheter ou qui m’intéressent professionnellement. Pas d’abonnement.
_ (murmures consternés) Pas d’abonnement ??
_ Oui monsieur, madame ou qui vous voudrez être, moi, bébé insousciant de la presse indépendante, et qui sais donc l’importance des abonnements, je n’en ai pas (le dernier remonte à mon adolescence campagnarde, loin des kiosques de Paris).
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’aucun ne me donne envie de lire chaque numéro. Parfois le ton me dérange, on parle en famille (Inrocks, So Film, etc. etc.). Ecartons évidemment les féminins (mon seul Lifestyle est de ne pas en avoir) excepté Causette qui sort un peu la tête du tiroir à lingerie. D’autres fois il n’y a pas assez, comme dans les hebdos, ou bien trop, dans les titres engagés, rengagés et pas assez légers pour mon samedi. Où trouver l’équilibre ? Le magazine parfait n’existe pas, car la perfection est subjective – et éphémère. Il faudrait ériger un monument à la gloire de ces magazines disparus, souvent après le 2e numéro, et qui tentaient autre chose. Ne sachant pas s’ils auraient atteint la (ma) perfection, ils restent auréolés d’un flou fantasmatique. (Il y aurait peut-être un concours à lancer. Celui qui réussit à me convaincre gagne un an d’abonnement…)

Alors, comme dans la vie, on varie les beautés, fermant les yeux sur les imperfections ou se disant « plus jamais » une fois le magazine dans les mains. Je picore : M le magazine du Monde, Néon, Philosophie magazine, The Good Life (« premier magazine masculin hybride » Mon dieu je suis un homme hybride), We Demain, Article 11, Usbeck et Rica, Volume, Arts magazine… Le champ est large.
Il paraît que l’achat de magazines c’est comme le chocolat. On goute un carré, et puis on prend deux, et puis on ne peut pas vivre sans une certaine dose. Reste à savoir s’il faut choisir sa marque ou varier les ingrédients.
PS : la revue Mouvement n’est pas citée ici, bien qu’elle tienne une grande place dans mon estime, pour la bonne raison que jusqu’au dernier numéro en date, j’avais lu chaque article trois fois avant l’envoi à l’impression. Mais maintenant partie, la lecture de la Une du site a son petit effet magazine.