Arts magazine n°90

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EN BREF// Et Vice Versa

Récompensé en 2013 par un Lion d’or à la Biennale de Venise, Tino Sehgal s’est fait connaître en installant dans les espaces d’exposition des « œuvres » interprétées par des hommes et des femmes, danseurs, gardiens ou simples amateurs. Ses études d’art et de danse conceptuels à Berlin et Essen l’ont mené à transformer l’objet d’art en œuvre vivante mais aussi à travailler avec des danseurs et chorégraphes. C’est le cas à Duisburg, en Allemagne, où il présente dans le cadre de la Ruhr triennale (Sans titre) (2000), des soli dansés par trois chorégraphes, dont le Français Boris Charmatz, lui-même désormais auteur… d’œuvres proches de l’installation.

Le 30 août à 19h, les 13 et 14 septembre à 18h. 30€. www.ruhrtriennale.de

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 Peter Buggenhout. Entrée en matière

 

 

Peter Buggenhout « The Blind Leading the Blind » (Les aveugles guidant les aveugles), 2014 Plâtre, caoutchouc, aluminium, placoplâtre, bois, fer, poussière,plexiglas,  polyuréthane, polystyrène, textile Production Centre international d’art et du paysage Courtesy de l’artiste, Galerie Laurent Godin, Konrad Fischer Galerie © Aurélien Mole

Peter Buggenhout
« The Blind Leading the Blind » (Les aveugles guidant les aveugles), 2014
Plâtre, caoutchouc, aluminium, placoplâtre, bois, fer, poussière,plexiglas,
polyuréthane, polystyrène, textile
Production Centre international d’art et du paysage
Courtesy de l’artiste, Galerie Laurent Godin, Konrad Fischer Galerie
© Aurélien Mole

 

Objets, détritus, nature, êtres humains… Tous ces éléments s’agglomèrent, se tassent ou s’étalent, formant ce que l’on appelle notre environnement. Puisque le monde est un amalgame, une superposition infinie d’êtres vivants, Peter Buggenhout choisit de le représenter comme tel. « Le comportement des humains, des animaux, des plantes, l’Histoire… tout mène vers la complexité, constate l’artiste. L’empilement est une façon de regarder autour de nous. »

Chaque sculpture est le résultat d’une construction en strates. « Il y a toujours un rapport entre une chose et une deuxième, puis une deuxième et une troisième », explique-t-il.Venu à la sculpture après avoir développé une peinture de plus en plus complexe, Peter Buggenhout ne conçoit pas des formes aux contours nets mais des amas de fragments d’objets à regarder sous toutes les coutures.

Au Centre d’art de Vassivière, ses trois séries principales, qu’il enrichit depuis une dizaine d’années et qui s’influencent mutuellement, sont présentées. Dans la série « The Blind Leading The Blind » (Les aveugles guidant les aveugles), les détritus sont recouverts d’une couche de poussière industrielle, récupérée dans le port de Gand, où il réside. Des « Gorgo », emballages entremêlés de sang et de crin de cheval et les « Mont Ventoux », panses de vaches remplies de coton complètent le panorama.

 

Peter Buggenhout « Gorgo #23 », 2010 Peinture, crin de cheval, sang, bois, cadre de métal, cuir, cire, polyester,  papier, aluminium, polystyrène Courtesy de l’artiste et Galerie Laurent Godin © Aurélien Mole

Peter Buggenhout
« Gorgo #23 », 2010
Peinture, crin de cheval, sang, bois, cadre de métal, cuir, cire, polyester,
papier, aluminium, polystyrène
Courtesy de l’artiste et Galerie Laurent Godin
© Aurélien Mole

 

Dans le phare, lieu singulier qui offre à la fois un point de vue panoramique sur l’île et un espace sombre intimiste, une sculpture récente est présentée, qui n’appartient à aucune série en cours (et n’a d’ailleurs pas encore de titre). Après avoir cherché pendant deux ans comment introduire la couleur dans sa sculpture, Peter Buggenhout a trouvé en s’appropriant une structure de château gonflable défaite, comprimée et tordue. Comme pour signaler à son visiteur que le jeu est fini ? Au contraire. « Je suis quelqu’un de joyeux, affirme-t-il, il y a beaucoup d’espoir dans mon projet. »

Peter Buggenhout Titre en cours, 2014 Bois, fer, aluminium, plexiglas, plastique, peinture Production Centre international d’art et du paysage Courtesy de l’artiste Avec le soutien du Ministère flamand de la culture - Arts et patrimoine © Aurélien Mole

Peter Buggenhout
Titre en cours, 2014
Bois, fer, aluminium, plexiglas, plastique, peinture
Production Centre international d’art et du paysage
Courtesy de l’artiste
Avec le soutien du Ministère flamand de la culture – Arts et patrimoine
© Aurélien Mole

Les sculptures s’inscrivent dans l’architecture du centre. S’il a conçu l’exposition dans l’axe du bâtiment, installant une sorte de symétrie, Peter Buggenhout souligne qu’« il n’y a pas de perspective juste », mais autant de perspectives que de spectateurs. Loin d’imposer un regard, il invite à tourner autour de ses pièces, à en éprouver les contours et les points de vue.

 

Attraction/répulsion

Dans la Nef, l’immense sculpture qui accueille le visiteur ressemble à une étrange maison éventrée et emportée par une tempête. Elle impose le respect dû à une carcasse d’animal mythologique. Comment est-elle entrée ? De quoi est-elle faite ? Entre attraction et répulsion, les œuvres de Peter Buggenhout stimulent la curiosité.

Plâtre, caoutchouc, aluminium, placoplâtre, bois, fer, poussière,plexiglas,  polyuréthane, polystyrène, textile Production Centre international d’art et du paysage Courtesy de l’artiste, Galerie Laurent Godin, Konrad Fischer Galerie © Aurélien Mole

Plâtre, caoutchouc, aluminium, placoplâtre, bois, fer, poussière,plexiglas,
polyuréthane, polystyrène, textile
Production Centre international d’art et du paysage
Courtesy de l’artiste, Galerie Laurent Godin, Konrad Fischer Galerie
© Aurélien Mole

Loin des artistes faussement provocateurs, il ne propose pas des objets choquants mais plutôt de l’informe et de l’étrange. Sang, crin, panse d’animaux sont utilisés pour leur aspect technique et esthétique. Comme Baudelaire transforme sa charogne en objet poétique, Buggenhout fait du déchet une matière à rêver. Monstres marins, mondes abandonnés peuvent surgir à chaque instant de ses installations. Il est d’ailleurs étonnant de voir les réactions des spectateurs devant ses « Gorgo », se tenant à distance, demandant si des « petites bêtes » ne risquent pas d’en surgir. Des réticences qui expliquent aussi en partie l’absence des œuvres de Peter Buggenhout des collections publiques. Si le Frac Limousin tout proche possède une de ses sculptures (exposée jusqu’au 8 juin à l’Espace Paul Rebeyrolle à Eymoutiers), peu d’institutions s’y risquent, craignant les bactéries.

Devant certaines pièces présentées encadrées de vitres, on s’interroge. Qui, de l’œuvre ou du visiteur, protègent ces parois ? Réponse de l’intéressé : « C’est l’idée qui est fragile. »

Peter Buggenhout, du 6 avril au 22 juin au CIAP, Vassivière. www.ciapiledevassiviere.com

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Arts magazine n°85

EAM85_couvt le numéro de mars ! Actuellement en kiosque

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Arts magazine n°84

AM84_couv_BDLe temps passe, mars succède à février et la pluie à la pluie. Un nouveau numéro d’Arts magazine (titre pour lequel je travaille depuis mars dernier) sort, chassant le précédent, et je me dis qu’il est dommage de ne rien en partager ici.

Voici donc l’édito rédigé pour le numéro de février, dont le dossier est consacré aux liens entre les arts plastiques et scéniques. (pour les curieux(ses), le numéro complet est achetable ici)

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Communes images

i comme immobile, instantané ou incongrus, ce que sont les « instants » que je partage sur tumblr http://www.tumblr.com/blog/instantsi

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Limpide brouillard

D’abord il y a cette légère fumée qui s’échappe d’une porte, un peu plus loin que l’entrée du Frac Corse, comme un incendie qui a longtemps couvé et s’échappe enfin des murs. On avance moins vite, prenant le temps d’étudier la situation. Inquiets, nous ? Jamais. Je dis « nous » à la mode journalistique. A l’entrée de l’exposition, il y a moi, et puis ma conscience professionnelle. Les deux ont déjà « vu » le travail d’Ann Veronica Janssens. Suffisamment pour savoir que plus on y est perdu, plus l’expérience est grande. La porte s’ouvre. L’inquiétude se dissipe à mesure que s’épaissit le nuage. Le brouillard est bleu dans la première pièce, rose dans la seconde. De quoi fournir un beau dégradé et de multiples nuances au fur et à mesure de pas de moins en moins timides. Les visiteurs avancent à tâtons. « T’es où ? » La plupart ressortent bien vite. Ceux qui s’y font, les silencieux en général, peuvent rester plongés longtemps, jusqu’à confondre l’air ambiant et l’intérieur de leur propre cerveau. La salle n’est pas bien grande, et aucun obstacle ne vient vous faire trébucher si ce n’est un autre visiteur, mais sans repères, elle paraît immense. L’infini dans un white cube.

Dans la version du Frac Corse, la lumière filtrée passe par porte et fenêtre. De l’intérieur, on voit donc le paysage se teinter des couleurs du brouillard artificiel. Double effet. Comme pour nous rappeler aussi qu’il faudra ressortir, garder en tête cette expérience pour appréhender différemment ce que nous verrons.

Ann Veronica Janssens, exposition Septembre, Frac Corse 2013

Ann Veronica Janssens, exposition Septembre, Frac Corse 2013

2013-09-17 15.22.47 2013-09-17 14.55.32 2013-09-17 14.55.39 2013-09-17 14.55.58

Septembre, jusqu’au 12 décembre 2013 au Frac Corse, Corte.

L’exposition comprend deux « brouillards » et une série d’œuvres expliquant le travail d’Ann Veronica Janssens. Article à venir dans Arts magazine n°81 (novembre 2013).

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