Désir

« En fait

Tu portes en toi

 

une Vérité

bien connue

 

Communément nommée

désir

 

Pas besoin

de la déguiser

 

en l’appelant

beauté

 

Pas besoin

de déformer

 

ce qui n’est

pas conforme

 

pour être

compris. [...] »

extrait de « Ecrit dans mon rêve par W.C. Williams », poème de Allen Ginsberg écrit en 1984.

A venir, Beat Generation/Allen Ginsberg (commissariat Jean-Jacques Lebel) au Centre Pompidou-Metz, Les Champs libres à Rennes, Le Fresnoy à Tourcoing et ZKM à Karlsruhe (Allemagne).

Publié dans art contemporain, arts vivants, Cinéma / vidéo, publications | Tagué , , | Poster un commentaire

Flânez, flânez, il en restera toujours quelque chose

Ce pourrait être un oiseau rare, une espèce en voie de disparition. Au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, le flâneur est conservé en boîte – à images bien sûr. Pour la 4e édition de Chapelle vidéo, trois œuvres filmées de la collection du Centre Pompidou sont présentées, réunies sous le titre Le Flâneur.

 

Prendre le temps. Cette idée de la promenade pour elle-même, sans but précis, colle à la France comme la dolce vita à l’Italie. Cristallisée par les Romantiques, déifiée par les Surréalistes, elle a souvent été une muse. Mais aujourd’hui ? L’art n’a pas échappé à l’accélération générale. La plupart du temps, la rue n’est qu’un passage. Le chemin, toujours trop long, entre maison et travail, activités et repos, vie sociale et intime. Dans les grandes villes, elle est souvent perçue comme un lieu d’agression, qu’elle soit physique (proximité avec les autres, vols ou coups) ou mentale (par la publicité envahissante ou la vision de la misère). On sort armé de son bouclier, sa bulle matérialisée par des écouteurs ou un regard absent.

143-1halida_boughriet_action_2003_capture_credits_halida_boughriet_coll_centre_pompidou

Halida Boughriet, 2003,Collection Centre Pompidou, Musée d’art et d’histoire, Saint-Denis, © Halida Boughriet.

Dans Action (2003), Halida Boughriet nous invite à baisser ce bouclier et à réapprendre à voir l’espace public comme un lieu de partage. Des habits sombres d’où sort une main légèrement crispée. Dans le flot des passants, elle tend la main pour établir un contact, comme on laisse glisser sa main dans l’eau depuis le siège d’un bateau. Dans ce film en noir et blanc, on ne voit que bras et jambes mais l’expressivité des réactions est intacte. Violence, repli, poing serré : la plupart évitent le contact. D’autres sont cordiaux, peu sont chaleureux.

 

Voir à nouveau. Pour les Actions-peu (1995-1997) de Boris Achour, la réaction frôle l’indifférence. Accrochant une ribambelle de sacs plastiques sur des grilles d’aération ou déroulant du scotch sur le mobilier urbain, l’artiste introduit des petites erreurs dans le paysage. Si certains tournent la tête, la plupart des passants n’y prêtent même pas attention. La chaise qu’il installe sur un pont reste vide.

Avec USA 95 II, Beat Streuli se place dans une autre position. En observateur extérieur, il photographie les êtres anonymes. Pris de loin, leurs gestes et expressions ne s’adressent à personne. Libre à celui qui les regarde d’inventer son histoire.

Installées dans un espace d’exposition, ces scènes de rues permettent en quelque sorte d’arrêter le temps. Et invitent, à la sortie, à regarder à nouveau la ville avec les yeux du flâneur.

 

Le Flâneur, Chapelle vidéo #4, du 15 février au 15 avril, musée d’art et d’histoire, Saint-Denis. http://www.musee-saint-denis.fr http://artsvisuels.seine-saint-denis.fr/Le-Flaneur.html

Publié dans art contemporain, Cinéma / vidéo | Tagué , , , , , , | Poster un commentaire

Le samedi, on magazine

Samedi, jour des magazines. Jour de départ en train ou de flânerie, où l’on a envie de voir du paysage et de faire le point (final) sur la semaine. Alors on magazine.

Chez moi j’en ai toute une pile, voire quelques étagères. Les mêmes souvent, ceux pour lesquels j’ai travaillé bien sûr et ceux que j’aime acheter ou qui m’intéressent professionnellement. Pas d’abonnement.

_ (murmures consternés) Pas d’abonnement ??

_ Oui monsieur, madame ou qui vous voudrez être, moi, bébé insousciant de la presse indépendante, et qui sais donc l’importance des abonnements, je n’en ai pas (le dernier remonte à mon adolescence campagnarde, loin des kiosques de Paris).

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’aucun ne me donne envie de lire chaque numéro. Parfois le ton me dérange, on parle en famille (Inrocks, So Film, etc. etc.). Ecartons évidemment les féminins (mon seul Lifestyle est de ne pas en avoir) excepté Causette qui sort un peu la tête du tiroir à lingerie. D’autres fois il n’y a pas assez, comme dans les hebdos, ou bien trop, dans les titres engagés, rengagés et pas assez légers pour mon samedi. Où trouver l’équilibre ? Le magazine parfait n’existe pas, car la perfection est subjective – et éphémère. Il faudrait ériger un monument à la gloire de ces magazines disparus, souvent après le 2e numéro, et qui tentaient autre chose. Ne sachant pas s’ils auraient atteint la (ma) perfection, ils restent auréolés d’un flou fantasmatique. (Il y aurait peut-être un concours à lancer. Celui qui réussit à me convaincre gagne un an d’abonnement…)

482464_10151299562581314_1984366959_n

Alors, comme dans la vie, on varie les beautés, fermant les yeux sur les imperfections ou se disant « plus jamais » une fois le magazine dans les mains. Je picore : M le magazine du Monde, Néon, Philosophie magazine, The Good Life (« premier magazine masculin hybride » Mon dieu je suis un homme hybride), We Demain, Article 11, Usbeck et Rica, Volume, Arts magazine… Le champ est large.

Il paraît que l’achat de magazines c’est comme le chocolat. On goute un carré, et puis on prend deux, et puis on ne peut pas vivre sans une certaine dose. Reste à savoir s’il faut choisir sa marque ou varier les ingrédients.

 

 

PS : la revue Mouvement n’est pas citée ici, bien qu’elle tienne une grande place dans mon estime, pour la bonne raison que jusqu’au dernier numéro en date, j’avais lu chaque article trois fois avant l’envoi à l’impression. Mais maintenant partie, la lecture de la Une du site a son petit effet magazine.

Publié dans médias | Poster un commentaire

Chanson de gestes

A se dire que les paroles ne servent à rien. Dans 2e acte, de la compagnie Dos à deux, deux clowns lunaires transposent en gestes le duo d’amour et de colère de Didi et Gogo, les deux comparses de En attendant Godot de Beckett.

En attendant Godot donc – qui ne vient pas, toujours pas –, les jeux et les débrouilles de la vie quotidienne se multiplient. Quand les personnages de Beckett passent le temps en bavardant, se félicitant d’un bon échange, comme au tennis (« C’est ça engueulons-nous (Echange d’injures. Silence). Maintenant raccommodons-nous. »), ces deux-là jouent du regard et du corps. Ils ne se supportent pas mais ne peuvent non plus se passer l’un de l’autre. Ils se poursuivent, s’éloignent au plus loin de leur petit périmètre, comme on boude par jeu. Portés et pirouettes servent à attraper des fourmis ou à laver son linge. La tendresse est palpable. Ils se chamaillent, se déchirent, et soudain s’entraînent mutuellement dans une ronde de cabrioles.

« Dos à deux, 2e acte » - Xavier Cantat

D’une heure de poésie gestuelle, trois mots sont échangés. L’un dit « probable », l’autre «  problable » et c’est une nouvelle querelle. Le tout est traduis en langue des signes (celui qui dit « problable » a une main prise, ce qui fait qu’il signe mal, mais il ne s’en rend pas compte). On trouve soudain Beckett bien verbeux, quand ces deux-là font sentir en quelques gestes toute la fragilité et l’amour des deux personnages. Mais il ne s’agit pas ici de faire la copie sans parole de la pièce. Le duo inventé par André Curti et Artur Ribeiro en 1998, magnifiquement interprété dans cette deuxième version par Clément Chaboche et Guillaume Le Pape, séduit pour la palette de sentiments qu’il offre à la vue au travers de ces deux pauvres poètes du geste.

Parmi les trouvailles scéniques, la corde attachée au pied de Gogo. Quand son compagnon se moque de lui, et qu’il s’attache rageusement la corde autour du pied pour partir, il sait qu’il va/veut revenir, comme au tout début de la pièce. La suite réservera quelques surprises. Mais on n’en dit pas plus, il vous faudra attendre.

2e acte, Cie Dos à deux, le 19 mars à L’Atrium à Dax – ATP; le 24 au Théâtre des Bergeries à Noisy-Le-Sec; le 30 à Grange Dimières à Fresnes (hors les murs); le 4 avril au Théâtre Firmin Gémier-La Piscine à Chatenay-Malabry; le 12 à la scène Watteau à Nogent-sur-Marne; le 21 au 26 couleurs à St Fargeau Ponthierry. http://www.dosadeux.com/

Publié dans arts vivants | Tagué , , , , | Poster un commentaire

L’œil d’Istanbul

 

Image

Le récit qui n’est pas vraiment un récit de mon séjour à Istanbul est à lire sur cette page http://pascalinevallee.wordpress.com/bu-nedir-istanbul/

Où on parle de chats, d’yeux et de paysages.

Publié dans Uncategorized | Tagué | 2 Commentaires

Revue de p(a)resse 4/03/2013

« Le théâtre, c’est comme un incendie. On n’a rien. Je comprends que des gens partent au bout de deux minutes. » Dans l’émission Hors-champ du 1er mars, sur France Culture, le metteur en scène et plus encore Romeo Castellucci parle du théâtre et de la vie. http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4543783

 

Intéressant projet artistique aux mythiques Bains douches à Paris. De janvier à avril, des street artistes de haut vol rivalisent sur 3000m². Paris bouge encore. http://www.lesbains-paris.com/residence-dartistes

 

La magnifique Valise mexicaine de Robert Capa est arrivée à Paris, au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. Des négatifs que l’on croyait perdus montrent la guerre d’Espagne mais aussi le travail de sa compagne Gerda Taro, disparue en 1937, en pleine bataille. http://www.mahj.org/fr/3_expositions/expo-Valise-mexicaine-Capa-Taro-Chim.php?niv=2&ssniv=1

Publié dans art contemporain, arts vivants, médias | Poster un commentaire

Revue de p(a)resse 7/02/2013

Le Printemps de Septembre, rendez-vous automnal de l’art contemporain à Toulouse depuis à peu près 1991, redevient printanier mais change tout. #ArtInternational

http://www.exponaute.com/magazine/2013/02/06/le-printemps-de-septembre-a-toulouse-change-de-gamme/

C’est l’histoire d’un clip #PSA #rap http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=5Fnx-phCCAI

http://www.newsring.fr/politique/916-plans-sociaux-la-gauche-peut-elle-trouver-des-solutions-pour-sauver-lemploi/30983-psa-ca-peut-plus-durer-le-rap-de-kash-leone-qui-sengage-pour-les-ouvriers

Publié dans Uncategorized | Poster un commentaire