Les nouvelles dimensions de la sculpture

(chronique initialement parue dans Le 13 du Mois n°51, mai 2015)

La sculpture a connu au XXe siècle de nombreuses transformations. Tombée de son piédestal quand des artistes comme Brancusi ou Calder suppriment son socle ou quand d’autres décident d’utiliser des rebuts et matériaux décomposables, elle a aussi beaucoup grandi. Au point qu’on peut parfois passer sous elle ou dessus, comme sur les dalles de Carl Andre ou, dans une version plus actuelle, le Skate park dessiné par Peter Kogler Porte d’Italie.

Historiquement, la sculpture est liée au pouvoir. Elle représente les figures à respecter, qu’elles soient immortelles ou humaines. Ainsi de la statue de Louis XIV à cheval installée dans la cour d’entrée du Château de Versailles. Cet été, son autorité risque d’en prendre un coup. Après Jeff Koons en 2008 ou le plus zen Lee Ufan l’an passé, Anish Kapoor s’installe dans son domaine. Bien connu des amateurs d’art, l’Anglo-Indien a notamment marqué en 2011 ceux qui sont entrés dans le ventre de son Leviathan, taillé aux mesures de la verrière du Grand Palais. A Versailles, d’autres œuvres à parcourir attendent le visiteur. Un grand miroir rond tourné vers le ciel, une gigantesque forme rouge posée sur les reliefs alentours ou encore un véritable canon à pigment… Souvent d’une seule teinte, les œuvres de Kapoor enveloppent l’esprit. Elles ne cherchent pas à dominer mais à élever. On y plonge comme dans un état second, goûtant en même temps une vision décalée de l’espace et une aventure intérieure.

Dans une banlieue moins chic, à Pantin, on peut voir d’autres sculptures, signées Anthoni Gormley. Les masses noires de ses hommes d’acier aux postures stylisées se découpent sur les murs blancs de la galerie Ropac. Ils sont placés jusque dans les coins, sans ordre de visite. Pour l’artiste, l’exposition doit être vécue comme une promenade, un moment de réflexion à la fois sur soi et sur ce qui nous entoure. Aux frontières de l’architecture, la sculpture devient un espace ouvert plutôt que clos, englobant l’espace qui l’entoure. « Quand vous rencontrez une sculpture dans la rue, analyse Anthoni Gormley, vous vous demandez ce qu’elle fait là. Et bien elle vous retourne la question. »

Anthoni Gormley, Second Body, jusqu’au 18 juillet à la galerie Thaddeaeus Ropac, 69, avenue du général Leclerc, Pantin. Du mardi au samedi, 10h-19h. Gratuit. Tél. : 01 55 89 01 10. www.ropac.net

Anish Kapoor, du 9 juin au 1er novembre au Château de Versailles. http://www.chateauversailles-spectacles.fr

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