Avant sa fermeture pour travaux, le musée des Beaux-arts de Nantes présente dans son patio une proposition de Krijn de Koning intitulée Vides pour un patio. Les 24 et 25 septembre, un week-end festif marquera les derniers jours d’ouverture avant l’automne 2013.

 

Des structures blanches, petites ou grandes arcades, esplanade, passages, maisonnette… Dans le patio du Musée des Beaux-arts de Nantes, Krijn de Koning a installé ses « vides ». Décor de cinéma à la Cocteau ? Maquette d’enfant agrandie ? En déambulant dans ce faux labyrinthe, l’imagination divague : le blanc qui envahit l’espace devient écran de projection.

Le mode de travail de Krijn de Koning est à la fois simple et recherché : considérer l’espace, en prélever un détail, comme ici les ouvertures du patio, pour le fragmenter ou l’amplifier. Dresser des éléments perturbateurs en somme, dans le cadre neutre des murs d’accrochage pour stimuler le regard du spectateur. « Il est curieux, remarque l’artiste, qu’un musée évite les perturbations alors que ce qu’il montre est censé « secouer » les gens. »

Marche, station, changements de point de vue sont ici de mise. Toutes les vues sont contraintes, que l’on soit dedans ou au dessus, regardant l’œuvre depuis les ouvertures du premier étage. Jamais une vue d’ensemble, les blocs imbriqués par De Koning taillent des modules à taille humaine superposés, donnant malgré leur multitude une impression de légèreté. « Mes œuvres, raconte-t-il, sont par nature temporaires et légères ; elles ne s’accrochent pas à quelque pesante vérité. » En guise d’amarres tout de même, des photos et reproductions d’œuvres tissent sur les côtés une toile d’inspirations, du Piranèse à l’abstraction de Mondrian ou Malevitch.

Avec ces blocs, Krijn de Konin fait appel à des éléments d’architecture, mais c’est bien à la sculpture qu’il apparente son travail. Une manière de montrer que toute réalité n’est qu’une représentation, susceptible de disparaître quelle que soit sa taille. « Il faut penser et repenser la manière dont on regarde », réclame-t-il. Un mode de pensée qui n’est pas sans rappeler l’œuvre d’Anish Kapoor, par ailleurs représenté dans la collection du musée par une œuvre magnifique : Sister piece of When I am pregnant (2005). De cette œuvre, blanche elle aussi, on perçoit d’abord un halo, sorte d’empreinte d’une pièce invisible, avant de distinguer qu’elle est en fait un creux dans le mur. Une douce brèche qui secoue bien.

 

Avant de fermer ses portes jusqu’à l’automne 2013 pour travaux, le Musée propose un week-end festif en marge des expositions (à lire ici).

http://www.nantes.fr/musee-des-beaux-arts