Le procès qui vient d’avoir lieu en Angleterre entre le patron de la Fédération internationale de l’automobile Max Mosley et le tabloïd News of the World est une grande première au pays des divulgations.

Mercredi 23 juillet, la Haute Cour de Londres a condamné le tabloïd à 60 000 livres (76 000 €) de dommages et intérêts pour violation de la vie privée après la diffusion de photos et de vidéos d’une séance sadomasochiste qualifiée de « nazie » orchestrée par Max Mosley.

La défense traditionnelle contre l’accusation de diffamation, à savoir la liberté de la presse et l’intérêt public de révéler qu’un homme puissant aie des activités aussi « dépravées », n’ont cette fois pas fonctionné. Le juge a donné raison à Max Mosley, qui a reconnu son penchant pour le sadomasochisme, mais a rejeté tout nazisme, déclarant au juge : « C‘est la dernière chose dont je souhaite me souvenir dans un contexte sexuel ». Son père, Oswald Mosley, était chef du mouvement britannique British Union of Fascists.

Si l’amende est plus élevée (elle est en général de 5 à 6 000 livres pour ce genre d’affaires), c’est en partie pour l’exemple. Mark Thomson, avocat spécialiste des médias, estime que « Si les amendes sont de 10 000 livres, ce ne sera pas assez pour décourager les tabloïds de publier de telles photos. »

Un procès qui pourrait donc faire jurisprudence, et qui prouve les limites du sensationnalisme.

Pascaline Vallée